SOS du président de la SNSM

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10 Novembre 2014
Xavier de la Gorce - Président de la SNSM

Sauvetage en mer : le SOS du président de la SNSM

« Je lance une fusée rouge pour alerter sur nos difficultés. En faisant disparaître la compétence générale, qui permettait aux départements de nous aider, la réforme territoriale nous met en grand danger« , avertit Xavier de la Gorce.

« Six d’entre eux nous ont déjà fait savoir qu’ils ne pouvaient plus continuer à nous aider« , sans que le président de la SNSM ne précise lesquels. Baisse des dotations de l’État, inflation des budgets des affaires sociales, les conseils généraux taillent dans les subventions. « Attention« , prévient le représentant de cette société de marins bénévoles de 150 ans d’âge :« Si je n’ai plus les moyens d’assurer leur fonctionnement en toute sécurité, pour les sauveteurs et les personnes que nous assistons, je pourrais être amené à suspendre l’activité de certaines stations de sauvetage. »

On imagine le tollé sur la côte. »Certes, mais on ne peut pas dépenser l’argent que l’on n’a pas ! »

Inégalité de traitement

Les ressources de la SNSM sont majoritairement d’origine privée. Dons individuels, mécénats de grandes entreprises, legs et frais de remorquage en cas de sauvetage des personnes, représentent 75 % du budget de l’association.

« 17 % sont versés par les collectivités locales« . L’État, lui, abonde de 2,3 millions d’euros, soit 8 % des revenus de la SNSM. « Est-ce raisonnable ?« , interroge Xavier de la Gorce. « Le sauvetage en mer est une mission de service public« , rappelle-t-il, espérant convaincre le Premier ministre, dont il va rencontrer le cabinet, la semaine prochaine, de doubler au moins sa mise.
« Je suis inquiet de ce qui se prépare. On aurait pu imaginer qu’on nous associe aux réflexions« , déplore le président de l’association. « Nous ne pourrons pas nous contenter de demi-mesures.« 
Du genre, compétence facultative rajoutée à la va-vite dans le cadre de la réforme territoriale. « Le risque est grand de voir se développer une inégalité de traitement du sauvetage en mer sur le littoral« , selon qu’un conseil général décidera, ou non, de soutenir la SNSM.« Nous avons besoin de pérenniser nos investissements pour continuer à former nos équipages et investir dans des bateaux mieux adaptés. »
La SNSM a déjà engagé un vaste plan de recalibrage de ses moyens.« On ne remplace pas forcément une vedette par une vedette selon les besoins de chaque station. » Mais les marges d’économies sont étroites. Un courrier vient d’être expédié à l’ensemble des parlementaires, députés et sénateurs, pour qu’ils prennent la mesure de l’urgence à trouver une solution.‘On ne peut pas mener une politique de gribouille quand on parle de sécurité en mer !’

Cela ressemble à un coup de gueule, mais la cause est bonne.

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  9 comments for “SOS du président de la SNSM

  1. etienne
    15/11/2014 at 13 h 58 min

    Une pétition des plaisanciers à l’echelle nationale pourrait aider ?

    • etienne
      15/11/2014 at 14 h 13 min

      J’ai été un peu vite dans mon commentaire. Les marins pêcheurs, et tout autres usagers de la mer sont concernés : velli-planchiste, kite surfer, snowborder, kayakiste, etc .
      Une pétition organisée sur le net peut remporter un grand succès. Avec les réseaux sociaux ça va vite et ne coute rien.

    • 15/11/2014 at 15 h 19 min

      Merci Etienne pour cette proposition, en effet la sauvegarde de la vie humaine en mer concerne l’ensemble des usagers, qu’ils soient marins, pêcheurs, plaisanciers, pratiquants occasionnels de loisirs nautiques ou baigneurs.
      Je pense qu’il convient dans un premier temps d’attendre l’arbitrage de l’Etat, les ministres concernés devant être rencontrés très prochainement.
      Je vous tiendrai informé de l’avancement (ou pas) de ce dossier capital pour la sécurité en mer de tous les usagers.

    • 17/11/2014 at 23 h 25 min

      pas juste les plaisancier, la snsm est l’affaire de tous, celà ne concerne que certains départements mais celà va faire tâche d’huile, il ne faut pas attendre pour lancer une pétition, c maintenant qu’il faut montrer aux élus concernés que la grande majorité des français est fière et reconnaissante à cette institution et à tout ces bénévoles qui risquent leur vie à chaque intervention

  2. 15/11/2014 at 14 h 33 min

    En tant que président de la station de Bandol mais également membre du conseil d’administration et du comité de direction de la SNSM, je suis totalement solidaire du cri d’alarme lancé par le président national des sauveteurs en mer. D’autant que la station de Bandol est particulièrement concernée par le remplacement de la vedette actuelle par une vedette plus sûre étant programmé courant 2016.

    Pour mémoire, la SNSM, association reconnue d’utilité publique, rassemble 7000 bénévoles, dont 4500 sauveteurs embarqués qui se portent chaque année, à leurs risques et périls, au secours de près de 8000 personnes en danger en mer.
    Nuit et jour, toute l’année, ils se tiennent prêts en permanence à intervenir, à bord d’embarcations diverses, pour assurer cette mission de service public. Leur efficacité en opération (50% des sauvetages en mer en zone littorale), comme leur disponibilité, sont unanimement salués, notamment par les préfets maritimes et les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS).
    Cette mission est conduite au nom de l’Etat, pour un coût global annuel particulièrement faible (25 millions d’euros). Aujourd’hui, l’Etat apporte chaque année une contribution de 2,2 M€ – soit 8% du budget -, qui s’élèverait à plusieurs centaines de millions si la SNSM était une administration salariée.
    Dans un avenir proche, cette mission risque de ne plus pouvoir être assurée convenablement.
    Si le modèle économique de la SNSM repose principalement sur la générosité du public et les contributions – parfois importantes – d’acteurs privés du monde de l’entreprise (75% de ses ressources sont d’origine privée), les subventions accordées par les pouvoirs publics sont en effet essentielles pour assurer l’équilibre du budget.
    En particulier, les subventions des collectivités territoriales qui, jusqu’à ce jour, contribuent pour moitié au renouvellement de la flotte de sauvetage et à son maintien en condition opérationnelle.
    La SNSM n’a pas à juger des réformes engagées par l’Etat concernant notamment l’organisation territoriale, avec la contraction envisagée des dotations des collectivités locales et la suppression de la clause de compétence générale dont elles disposent aujourd’hui.
    Pour la SNSM, en revanche, ces réformes conduiront inévitablement à une diminution des contributions publiques qui, si elle n’était pas accompagnée de mécanismes de substitution, menacerait gravement ses capacités d’intervention futures, la sécurité de ses sauveteurs bénévoles et celle de l’ensemble de nos concitoyens usagers de la mer.
    Cet enjeu est majeur pour la sécurité en mer ; pour autant, il reste mineur au regard des budgets concernés.
    Il s’agit en effet pour l’Etat de combler un manque estimé à environ 4 millions d’euros par an, portant dès lors sa contribution à l’exercice d’une mission qui relève pleinement de sa compétence à 6 millions d’euros.
    Les différents ministères rencontrés ont formulé à cet effet diverses propositions. Néanmoins, à ce stade, aucune solution concrète et rapidement applicable n’a encore été véritablement débattue.
    Un arbitrage au plus haut niveau de l’Etat est aujourd’hui nécessaire. Les sauveteurs bénévoles de la SNSM attendent peu en reconnaissance de leur engagement, si ce n’est celle de l’Etat pour la mission d’exception qu’ils accomplissent en son nom, parfois au risque de leur vie.

    • Jean SARRAT
      15/11/2014 at 15 h 13 min

      Voila un sujet autrement plus sérieux que la « fameuse » gerbe.
      Alors puisque nous avons eu l’immense privilège de connaitre la capacité de nos édiles à se regrouper pour une communication commune, ce sujet est justiciable d’une prise de conscience collective.
      Comme le dit Étienne, tout d’abord, les concernés par le service de la SNSM devraient contribuer à l’existence de ce service public. Comment? Par un prélèvement d’office, sur les contrats d’assurance nautique, reversé à la SNSM et pour les utilisateurs de sports nautiques non assujettis au contrat d’assurance: un timbre fiscal comme pour la pratique de la chasse.
      Mais la question centrale demeure: les carences de l’État plus enclin à s’occuper des cas « Léonarda et Consorts », laissant à la générosité des bénévoles citoyens, la périlleuse mission du sauvetage des vies et à d’autres citoyens bénévoles la mission d’assurer la survie de cette généreuse mission.
      Voila encore une démission de l’État qui s’ajoute à celle de l’existence des Restos du cœur qui d’année en année s’inscrit dans le marbre de la honte. Comment accepter le silence de « nos » Élus (lire: Maires, Adjoints, Députés, Conseillers: Généraux, Régionaux, Sénateurs…en exercice) qui ont, là, quelque chose à faire, qui ont, là, quelque chose à dire, qu’attendent-ils pour réagir au lieu de nous emmerder avec leurs futilités pour justifier des niveaux de rémunération et défraiements.
      D’année en année les choses évoluent, hélas pas dans le bon sens, jusqu’à quand?

    • etienne
      15/11/2014 at 16 h 23 min

      je partage ton analyse Jean. Chaque usager de la mer devrait obligatoirement contribuer au fonctionnement de la SNSM. Tel que tu le décris.
      Mais l’état et les collectivités ne devraient pas non plus diminuer ou supprimer leurs subventions.

      Sauf à ce que l’on se demande une fois de plus « à quoi servent nos impôts »
      J’admets que nous assumions tout, tout seul, sans contributions de l’état, comme du temps de Cromagnon; mais alors il faut supprimer toutes les impôts, taxes et charges sociales.

      Un seul exemple : en 45 ans de navigation je n’ai appellé qu’une fois le Cross lors d’une traversée Corse Continent à bord du Westerly 36 que j’avais à l’époque. Au large de Bonifacio, j’ai été confronté simultanément à une voie d’eau et à une mini tornade . La SNSM est venu me chercher avec moto pompe dans la nuit et à procéder à un remorquage vers le port de Propriano. Vu l’état de la mer, il leur a fallu 2 heures pour me rejoindre.
      6 hommes à bord de leur vedette. 4 heures de remorquage délicat par mer assez agitée. Je ne vous dit pas comme j’étais heureux de les voir. Et d’avoir leur moto pompe à bord. Ils ont quitté Propriano vers 10 h du soir. Retour au bercail vers 7 h du matin. Plus encore du temps le lendemain pour récupérer leur matériel et faire leur compte-rendu d’intervention.
      Comme il s’agissait de sauver la vie de mon fils ainé (14 ans à l’époque)seul équipier à bord,et par la même occasion la mienne, je n’ai rien eus à payer .
      Pour les marins de la SNSM, ce type d’opération est très fréquent et banal. Ils le font toute l’année et parfois dans des conditions bien plus périlleuses, y compris pour eux.

      On peut évidemment comme Jean le fait , élargir le débat aux resto du coeur et autres associations de premières nécessités.

  3. Jean SARRAT
    15/11/2014 at 19 h 57 min

    Ce qui me révolte également c’est l’énorme, mais l’énorme budget engagé dans la route du Rhum. Okay, d’accord c’est une manifestation qui…c’est pour que…mais tout de même quand on voit le budget engagé par tous ces sponsors, entreprises privées et collectivités locales, c’est à se taper le cul parterre. L’autre jour à la télé on nous parlait de la somme à payer pour le rapatriement par cargo des bateaux en compétition! Je n’interdirai pas ce genre de manifestation mais prélèvement obligatoire sur toutes les sommes engagées. Des ressources de ce type, y en a des paquets. Alors si on devait dicter une initiative à nos élus locaux, c’est de se regrouper, lancer un mouvement et lui tracer un chemin qui partirait de Sud Ste Beaume (ça remettrait tout le monde d’accord, à SSB aussi!!). Mouvement simple à organiser qui comprendrait 2 actions: collecte de fonds et action sur nos Élus Nationaux en passant par la presse.
    Ça nous changerait du faux problème de la chasse au tigre qui n’en n’est pas un!

  4. etienne
    18/11/2014 at 7 h 26 min

    Serge Dassaut soupconné d’avoir acheté des voix pour son éléction à la mairie de Corbeille, aurait d’après les révélations de son comptable au journal Libération de ce matin, perçu 50 miilions d’euros en liquide , sortie d’une banque étrangère.
    Pour sa défense Mr. Dassaut déclare que c’était pour reverser à des associations.
    Il n’y a qu’une chose dont on soit certain, c’est que ce n’est pas à la SNSM.

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